Plus-values en Irlande : 31 %, ce n’est que la moitié de l’histoire.
Pour un non-dom, tout dépend de la question de savoir si une plus-value est remise en Irlande. S’y ajoutent des délais de paiement qui ne fonctionnent pas comme beaucoup de nouveaux arrivants s’y attendent.
Taux et exonération
Sur les gains tirés de la cession d’actifs, l’Irlande prélève depuis le 7 octobre 2026 la Capital Gains Tax au taux normal de 31 % ; pour les terrains à bâtir, il reste de 33 %. Il n’existe aucune durée de détention au-delà de laquelle une plus-value deviendrait exonérée, ni de taux réduit pour une longue détention. Ce qui existe, c’est une petite exonération annuelle : les premiers 1 270 € de plus-values restent exonérés par personne et par an.
Qui vient de France doit réviser un réflexe, mais pas celui qu’on croit. Le taux ne vous dépaysera guère : en France, une plus-value sur actions supporte, au prélèvement forfaitaire unique, 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % ; en Irlande, la CGT est de 31 %. Ce qui change, c’est la durée de détention. En France, une plus-value immobilière hors résidence principale s’efface avec le temps : exonérée d’impôt sur le revenu après 22 ans de détention, de prélèvements sociaux après 30 ans. L’Irlande ne connaît rien de tel. 31 %, c’est le taux, point.
| Point | Valeur |
|---|---|
| Taux | 31 % |
| Exonération annuelle | 1 270 € |
| Durées de détention | aucune |
Source : Taxes Consolidation Act 1997, sections 28 et 29 (irishstatutebook.ie) ; Revenue sur l’exonération annuelle ; taux selon la Financial Resolution No. 3 du 6 octobre 2026 pour les cessions à partir du 7 octobre 2026. Mise à jour : vérifié le 14 octobre 2026.
Qui l’impôt touche
La portée de l’impôt irlandais dépend de la résidence et du domicile, donc des mêmes notions que celles expliquées sur la page non-dom.
| Résident ou ordinarily resident | Domicilié | CGT irlandaise sur |
|---|---|---|
| oui | oui | les plus-values mondiales |
| oui | non | les plus-values irlandaises, les plus-values étrangères seulement en cas de remittance |
| non | oui ou non | certains actifs irlandais seulement, surtout l’immobilier |
Pour la deuxième ligne, la remittance basis s’applique depuis le 20 novembre 2008 aussi aux plus-values britanniques.
Source : Taxes Consolidation Act 1997, sections 28 et 29 ; Revenue, Tax and Duty Manual Part 05-01-21A sur la remittance basis appliquée aux plus-values. Mise à jour : consulté le 25 août 2026.
La deuxième ligne est la situation des familles auxquelles ce site s’adresse. C’est elle qui rend un portefeuille-titres étranger supportable en Irlande, et elle cache une subtilité qui mérite la section suivante.
Le prix de cession, et non la plus-value
Pour les revenus courants, vous remettez des revenus. Pour les plus-values, la référence est une autre, et l’écart coûte de l’argent si on l’ignore : ce qui est remis, c’est le prix de cession, et non la plus-value.
Un exemple le rend concret. Vous vendez à l’étranger des actions pour 300 000 euros, qui vous avaient coûté 200 000 euros. La plus-value est de 100 000 euros. Si vous transférez ensuite 150 000 euros du prix de cession en Irlande, vous n’avez pas remis la moitié de votre plus-value, mais une partie d’un prix de cession qui contient de la plus-value. Quelle part en arrive imposable en Irlande est une question de calcul, à régler avant le virement et non après.
En pratique, cela signifie que le produit des ventes doit aller sur un compte à part, et non dans le pot commun. C’est la même discipline que celle décrite sur la page Le compte avant le 1er janvier pour les revenus, avec une autre référence.
Ce qui n’a pas sa place ici
L’erreur la plus fréquente avec cet impôt consiste à l’appliquer à des actifs pour lesquels l’Irlande prévoit un autre régime.
Les fonds, les ETF et les assurances vie à caractère de placement ne relèvent pas de la CGT, mais d’un système propre à 38 %, avec la cession fictive tous les 8 ans et sans compensation des pertes. Qui calcule son portefeuille selon les règles de la CGT se trompe pour une grande partie de celui-ci. Le détail figure sur la page ETF et fonds.
Les cryptoactifs suivent en principe la CGT, mais portent une particularité irlandaise quant à leur localisation, qui neutralise le plus souvent la remittance basis ; elle figure sur la page cryptoactifs.
Et les successions et donations ne sont pas des cessions : elles relèvent de la Capital Acquisitions Tax, avec ses propres abattements, décrite sur la page Le piège des 33 %. La Capital Acquisitions Tax est de 33 %, l’impôt sur les plus-values de 31 % depuis le 7 octobre 2026 ; ces taux voisins sèment plus de confusion qu’ils n’aident.
La retenue côté français
Une brève remarque qui a sa place ici, parce qu’elle concerne les mêmes titres. Sur les dividendes qu’une société française verse à une personne physique qui n’est plus domiciliée en France, la France retient à la source 12,8 %. C’est déjà moins que les 15 % que la convention France-Irlande lui laisse au plus pour un résident d’Irlande (article 9) : vous n’avez pas de différence à réclamer en remboursement.
Et la convention ne contient pas de clause qui limiterait ses avantages à la part transférée en Irlande. Le piège que connaissent d’autres conventions irlandaises, une retenue qui devient définitive quand le dividende reste dehors, ne se présente donc pas sous cette forme pour un dividende français. Côté Irlande, l’impôt français s’impute, dans les conditions du droit irlandais, sur l’impôt irlandais dû sur ce même revenu, c’est-à-dire, pour un non-dom, une fois le dividende remis (article 21). Pour la plus-value de cession d’une participation dans une société de capitaux, enfin, la convention réserve l’imposition à l’État dont le cédant est résident (article 7). La présentation complète figure sur la page la convention France-Irlande.
Paiement et déclaration
La CGT irlandaise sépare paiement et déclaration, et le paiement vient en premier. Qui cède entre le 1er janvier au 30 novembre paie au plus tard le 15 décembre de la même année. Pour les cessions de décembre, l’échéance est le 31 janvier de l’année suivante.
La déclaration suit séparément, au plus tard le 31 octobre de l’année suivante, dans la déclaration de revenus Form 11 ; qui n’en dépose pas utilise le formulaire papier CG1. L’enregistrement auprès de Revenue et la première déclaration, nous les prenons en charge pour les familles qui s’installent avec l’enregistrement fiscal en tant que non-dom.
| Opération | Échéance |
|---|---|
| Paiement pour les cessions du 1er janvier au 30 novembre | 15 décembre de la même année |
| Paiement pour les cessions de décembre | 31 janvier de l’année suivante |
| Déclaration | 31 octobre de l’année suivante |
L’obligation de payer existe que Revenue se manifeste ou non. Qui la manque paie des intérêts.
Source : Revenue, « When and how do you pay and file CGT », avec les bordereaux de paiement CGT A et B et la fiche d’aide CG1, revenue.ie. Mise à jour : consulté le 25 août 2026.
Le 15 décembre est l’échéance qui surprend le plus souvent les nouveaux arrivants : elle tombe la même année que la vente, bien avant qu’une quelconque déclaration ne soit due. Les autres échéances de l’autoliquidation figurent sur la page déclaration et échéances.
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