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France ou Irlande : où vous reste-t-il le plus ?

Sur un salaire, l’Irlande n’est pas un paradis fiscal. Sur un patrimoine international, le tableau peut être tout autre. Nous comparons ici les deux systèmes là où cela compte vraiment pour une famille qui s’installe.

Pourquoi la comparaison est difficile

Qui met deux systèmes fiscaux côte à côte compare rarement la même chose. La France impose le revenu net imposable du foyer fiscal, après déduction des frais professionnels, puis divise ce revenu par le nombre de parts du quotient familial. L’Irlande impose, dans le système PAYE, le salaire brut de chacun et retire ensuite des crédits d’impôt de l’impôt lui-même, et non du revenu.

À cela s’ajoute que les prélèvements à côté de l’impôt sont construits tout autrement dans les deux pays. Une comparaison qui ne montre que l’impôt induit en erreur, et une comparaison qui ne montre que le net tait d’où vient la différence.

Nous procédons donc en deux temps : d’abord les deux barèmes, ensuite ce qui court à côté. Et nous disons pour chaque chiffre à quoi il se rapporte. Qui cherche, au lieu de la comparaison, l’ensemble du cadre irlandais, de l’assujettissement à l’impôt des sociétés, le trouve dans le profil Irlande de notre Steueratlas (en allemand).

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Les deux barèmes côte à côte

Le barème irlandais connaît deux taux, 20 et 40 %, avec un seul saut à 44 000 € pour une personne seule. Le barème français, celui de la loi de finances pour 2026 appliqué aux revenus de 2025, monte par paliers à partir de 11 600 € par part : 11 % jusqu’à 29 579 €, 30 % jusqu’à 84 577 €, 41 % jusqu’à 181 917 €, puis 45 % au-delà.

L’impôt sur le revenu seul, barèmes en vigueur en 2026
RevenuIrlande, après crédits d’impôtFrance, article 197, une partIrlande : USC et PRSI en plus
40 000 €4 000 €5 104 €2 413 €
60 000 €11 200 €11 104 €3 853 €
100 000 €27 200 €24 801 €8 231 €

Valeurs irlandaises : notre calcul à partir des taux, tranches et crédits d’impôt pour une personne seule salariée, sur le salaire brut. Valeurs françaises : barème de l’article 197, I, 1 pour une part, décote comprise, sur le revenu net imposable, sans contribution exceptionnelle sur les hauts revenus. Les deux bases ne sont pas identiques : à salaire brut égal, le revenu net imposable français est plus bas. Le tableau montre donc la forme des deux barèmes, non une comparaison des nets.

Source : Code général des impôts, article 197 (version en vigueur depuis le 21 février 2026, loi n° 2026-103 du 19 février 2026), Legifrance ; valeurs irlandaises : Revenue, « Tax rates, bands and reliefs » 2026. Mise à jour : consulté le 6 novembre 2026.

Le tableau dit quelque chose que beaucoup de lecteurs français n’attendent pas. Sur la seule ligne de l’impôt, et pour une personne seule, l’Irlande n’est moins chère qu’au premier point : 4 000 € contre 5 104 €. À 60 000 €, les deux se tiennent ; à 100 000 €, le barème français est plus bas, alors même que sa base est déjà réduite. L’image d’une Irlande paradis fiscal pour salariés ne résiste pas à ce tableau, et la quatrième colonne montre ce qui s’y ajoute encore.

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Ce qui s’ajoute à l’impôt

En Irlande, deux autres prélèvements frappent le même salaire : l’Universal Social Charge, jusqu’à 8 %, et la cotisation sociale PRSI, 4,2 %, puis 4,35 % à partir du 1er octobre 2026. Les deux sont sans plafond : il n’existe aucun seuil au-delà duquel ils s’arrêtent.

En France, la feuille de paie porte d’abord la CSG, 9,2 % sur les revenus d’activité, et la CRDS, 0,5 %. Leur assiette est de 98,25 % du salaire brut jusqu’à 4 fois le plafond annuel de la sécurité sociale, soit 192 240 € en 2026, puis de la totalité au-delà : comme l’USC, elles ne s’arrêtent jamais. S’y ajoutent les cotisations salariales d’assurance vieillesse, dont une partie n’est due que dans la limite du plafond de 48 060 € et une autre sur la totalité du salaire.

Les prélèvements à côté de l’impôt, 2026
PaysPrélèvementTauxPlafond
IrlandeUniversal Social Chargejusqu’à 8 %aucun
IrlandePRSI, classe A4,2 %, puis 4,35 %aucun
FranceCSG et CRDS sur les revenus d’activité9,2 % et 0,5 %aucun
FranceAssurance vieillesse, part plafonnéefixé par décret48 060 € par an

Source : Code de la sécurité sociale, articles L136-8 (version en vigueur depuis le 27 juin 2026) et L241-3, Legifrance ; URSSAF, « La CSG-CRDS » et « Plafonds de la Sécurité sociale » (arrêté du 22 décembre 2025). Mise à jour : consulté le 6 novembre 2026.

D’où la vraie structure de la comparaison. Dans les deux pays, une part des prélèvements sur le salaire court sans fin. En France, une partie des cotisations de retraite s’arrête au plafond, mais l’impôt lui-même monte jusqu’à 45 % ; en Irlande, l’impôt plafonne à 40 %, mais l’USC et la PRSI continuent au-dessus.

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Où l’Irlande est moins chère, et où elle ne l’est pas

Trois affirmations qui découlent de ce qui précède et que nous tenons pour solides.

Premièrement : pour les petits salaires, l’Irlande est moins chère sur la ligne de l’impôt. Cela tient aux crédits d’impôt, qui jouent quel que soit le revenu : une personne seule salariée retire 4 000 € de son impôt.

Deuxièmement : le saut irlandais de 20 à 40 % à 44 000 € frappe les familles à un seul revenu bien plus durement que le système français. Un couple marié avec un seul revenu dispose en Irlande d’une tranche de 53 000 €, soit seulement 9 000 € de plus qu’une personne seule. La France, elle, compte deux parts pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune, et ajoute des parts pour les enfants à charge, dans la limite de 1 807 € d’avantage par demi-part. Un quotient conjugal ou familial comme en France, l’Irlande ne le connaît pas.

Troisièmement : sur les revenus d’activité élevés, l’Irlande ne fait pas mieux, parce que l’USC et la PRSI continuent sans plafond au-dessus d’un impôt à 40 %. Qui gagnera désormais l’ensemble de ses revenus en Irlande ne doit pas compter sur un allègement sensible.

Et voici la phrase qui porte réellement cette page : la raison fiscale de partir en Irlande n’est pas dans le barème des revenus d’activité. Elle est dans le traitement des revenus étrangers des personnes sans domicile irlandais, qui fait l’objet de la page Non-dom. Qui n’a pas de revenus étrangers ne trouve pas en Irlande un avantage fiscal, mais une autre vie.

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Ce que l’on gagne dans les deux pays

Pour situer ces taux, il faut savoir sur quoi ils tombent. L’office statistique irlandais, le CSO, mesure pour le premier trimestre 2026 un salaire hebdomadaire moyen de 1 065 € ; l’Insee mesure pour 2024, dans le secteur privé et en équivalent temps plein, un salaire moyen de 3 602 € brut par mois, soit 2 733 € net.

Salaires, deux mesures
PaysMesureValeur
IrlandeSalaire hebdomadaire moyen, premier trimestre 20261 064,59 €
IrlandeSalaire horaire moyen32,93 €
FranceSalaire mensuel moyen brut en EQTP, privé, 20243 602 €
FranceSalaire mensuel moyen net en EQTP, privé, 20242 733 €
FranceSalaire mensuel médian net en EQTP, privé, 20242 190 €

Le chiffre irlandais couvre tous les salariés, temps partiel compris, pour 32,3 heures payées par semaine en moyenne. Les chiffres français sont des salaires du secteur privé en équivalent temps plein, apprentis et stagiaires compris, hors agriculture et particuliers employeurs. Deux statistiques, deux méthodes : aucune ne se compare terme à terme avec l’autre.

Source : CSO, « Earnings and Labour Costs Q1 2026 (Final), Q2 2026 (Preliminary Estimates) », publié le 25 août 2026 ; Insee Première n° 2079, « Les salaires dans le secteur privé en 2024 », 23 octobre 2025. Mise à jour : valeurs irlandaises consultées le 23 octobre 2026, valeurs françaises le 6 novembre 2026.

Ce qu’un salaire irlandais laisse après les trois prélèvements figure poste par poste sur la page impôt sur le revenu, USC et PRSI. Ce que coûte la vie dans la région figure sur la page coût de la vie.

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Dividendes français : pas de piège, mais une retenue

Un point a sa place sur cette page, bien qu’il ne relève pas de la comparaison des barèmes, parce qu’il concerne tous ceux qui gardent des actions françaises.

Sur les dividendes qu’une société française verse à une personne physique domiciliée hors de France, la France retient à la source 12,8 % (article 187 du code général des impôts). La convention franco-irlandaise plafonne cette retenue à 15 % pour un résident d’Irlande (article 9). Le taux français étant déjà plus bas que le plafond, il n’y a rien à réclamer, et aucune demande de remboursement à déposer.

D’autres conventions irlandaises font de la remittance basis un piège pour ces actions : la retenue n’y est remboursable que sur la part transférée en Irlande, et devient définitive pour le reste. La convention franco-irlandaise ne contient pas de telle clause. Pour un non-domicilié, cela donne une règle simple : le dividende laissé hors d’Irlande supporte la retenue française, sans impôt irlandais ; le dividende transféré entre dans l’impôt irlandais, et l’Irlande impute l’impôt français sur l’impôt irlandais dû sur ce revenu (article 21, B).

Un dividende français pour un non-domicilié en Irlande
CasFranceIrlande
Dividende laissé hors d’Irlanderetenue de 12,8 %non imposé, faute de remise
Dividende transféré en Irlanderetenue de 12,8 %imposé, avec crédit de l’impôt français

Source : Code général des impôts, article 187 (version en vigueur depuis le 16 février 2025), Legifrance ; convention franco-irlandaise, articles 9 et 21, version consolidée avec la CML. Mise à jour : consulté le 6 novembre 2026.

Le texte de la convention lui-même, avec ses autres articles, figure sur la page La convention fiscale franco-irlandaise. La consultation, elle, chiffre votre cas.

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Tout commence par un entretien

Que l’Irlande soit moins chère pour vos revenus dépend de ce dont ils sont faits. C’est précisément ce que nous calculons.

La consultation se déroule en anglais.

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