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Obtenir le passeport irlandais et garder le passeport français ?

La France admet la double nationalité, et le Code civil dit précisément quand on perd la nationalité française. Voici ce qui vaut pour votre famille, et les quelques points à vérifier avant la demande.

Un château de pierre claire, devant lequel de petites silhouettes se tiennent sur la pelouse.

La France en un coup d’œil

Une femme téléphone devant un étal de légumes rempli de choux et de courges.

C’est la première question de chaque conversation : est-ce que je peux garder mon passeport actuel ? Pour un Français, la réponse est oui. Acquérir la nationalité irlandaise, par naturalisation comme par inscription au registre des naissances à l’étranger, ne fait pas perdre la nationalité française. La perte n’existe que dans des cas que le Code civil énumère, et presque tous supposent votre propre démarche.

Le droit français, article par article
SituationCe que dit le Code civilArticle
Vous devenez Irlandais en vivant en Irlandeaucune perte, sauf si vous la déclarez expressémentart. 23
Vous devenez Irlandais en vivant en Franceaucune règle de perte ne s’appliqueart. 23 à 23-9
Vous voulez renoncerdéclaration, ou décret qui vous y autoriseart. 23, 23-1, 23-4
Perte imposéedeux cas très étroits, par décretart. 23-7, 23-8
Enfant d’un parent françaisfrançais, où qu’il naisseart. 18

La règle du demi-siècle, qui concerne les familles installées à l’étranger sur plusieurs générations, est traitée plus bas.

Source : Code civil, articles 18, 18-1, 23 à 23-9 et 30-3, version en vigueur sur Légifrance ; France Diplomatie, « Perdre la nationalité française » (mise à jour du 29 mai 2026). Mise à jour : consulté le 6 novembre 2026.

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Article 23 : aucune perte sans déclaration

Un long bâtiment de pierre avec des oriels et des cheminées, derrière des haies taillées.

La règle tient en une phrase, et elle protège la famille qui s’installe en Irlande. Voici l’article 23 du Code civil, dans sa version en vigueur depuis le 23 juillet 1993 :

Toute personne majeure de nationalité française, résidant habituellement à l’étranger, qui acquiert volontairement une nationalité étrangère ne perd la nationalité française que si elle le déclare expressément, dans les conditions prévues aux articles 26 et suivants du présent titre.

Article 23 du Code civil, version en vigueur

La perte n’est donc pas l’effet de la naturalisation, mais celui d’une déclaration que vous choisiriez de faire. Vous vivez en Irlande, vous êtes majeur, vous demandez la naturalisation irlandaise et vous l’obtenez : vous êtes désormais Irlandais et toujours Français, sans rien avoir à demander à l’administration française. Personne n’a à vous notifier quoi que ce soit, et aucun délai ne court contre vous.

Le cas de la famille qui reste en France est encore plus simple. L’article 23 vise la personne qui réside à l’étranger. Pour le Français qui vit en France et devient Irlandais par le Foreign Births Register, le Code civil ne prévoit aucune perte liée à l’acquisition d’une autre nationalité. Grand-parent irlandais ou années de résidence en Irlande, le chemin ne change rien au passeport français.

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Renoncer, si vous le voulez

Deux hommes assis côte à côte à une table, les mains jointes, en pleine conversation.

Rien ne vous oblige à renoncer : la loi irlandaise ne demande à aucun candidat à la naturalisation d’abandonner sa nationalité. Les conditions de la naturalisation irlandaise sont énumérées dans la loi, et la renonciation n’en fait pas partie. Celui qui veut malgré tout ne garder qu’un passeport dispose de deux voies.

La première est la déclaration de l’article 23, et elle est encadrée dans le temps. L’article 23-1 permet de la souscrire dès le dépôt de la demande de nationalité étrangère et au plus tard un an après son acquisition. La perte prend alors effet à la date d’acquisition de la nationalité étrangère (article 23-9). Une condition s’ajoute pour les plus jeunes : avant 35 ans, la déclaration n’est possible que si l’on est en règle avec les obligations du service national (article 23-2).

La seconde est l’autorisation du gouvernement, ce que l’on appelle la libération des liens d’allégeance. Selon l’article 23-4, un Français qui a une nationalité étrangère, même mineur, peut être autorisé sur sa demande à perdre la qualité de Français. L’autorisation est accordée par décret, et la perte prend effet à la date de ce décret. Dans les deux cas, c’est vous qui agissez, jamais la loi à votre place.

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Les deux cas de perte imposée

Deux personnes descendent une rue ensoleillée, de longues ombres sur les pavés.

Le Code civil connaît deux cas où l’État peut retirer la qualité de Français à un double national, et ni l’un ni l’autre ne vise la famille qui vit simplement en Irlande. Selon l’article 23-7, le Français qui se comporte en fait comme le national d’un pays étranger dont il a la nationalité peut être déclaré, par décret après avis conforme du Conseil d’État, avoir perdu la qualité de Français.

L’article 23-8 concerne l’emploi dans une armée ou un service public étranger. Perd la nationalité française celui qui occupe un tel emploi, ou apporte son concours à une armée, à un service public étranger ou à une organisation internationale dont la France ne fait pas partie, et qui ne le quitte pas malgré l’injonction que le gouvernement lui en a faite. Pour une famille sur le chemin du passeport irlandais, rien de cela n’est en jeu dans le cours normal des choses ; celui qui envisage plus tard un engagement dans les forces armées irlandaises ou un poste dans l’administration irlandaise le sait désormais.

Les deux procédures passent par un décret, pris après l’avis du Conseil d’État. Ce ne sont pas des pièges qui se referment en silence : selon l’article 23-9, la perte prend effet à la date du décret, jamais à celle de la naturalisation irlandaise.

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Vos enfants et la nationalité française

Deux musiciens jouent sur un ponton devant un port rempli de voiliers.

Un enfant dont l’un des parents au moins est français est français, quel que soit son lieu de naissance. C’est l’article 18 du Code civil. Un enfant né à Cork ou à Waterford de parents français est donc Français par filiation, et Irlandais s’il remplit les conditions irlandaises détaillées sur la page consacréeaux enfants et au passeport irlandais. Lorsqu’un seul des parents est français et que l’enfant n’est pas né en France, l’article 18-1 lui laisse la faculté de répudier la qualité de Français dans les six mois précédant sa majorité et les douze mois qui la suivent ; cette faculté se perd si le parent étranger devient français pendant sa minorité.

Une seule règle demande de la vigilance, et elle porte sur les générations. Selon l’article 30-3, celui qui réside à l’étranger, où les ascendants dont il tient la nationalité sont restés fixés pendant plus d’un demi-siècle, ne peut plus prouver sa nationalité française par filiation si ni lui ni le parent qui pouvait la lui transmettre n’ont eu la possession d’état de Français ; le tribunal constate alors la perte (article 23-6). Pour une famille qui part aujourd’hui, l’échéance est lointaine. Garder le lien administratif avec la France, à commencer par la transcription des naissances au consulat, est la réponse simple.

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La première étape est une conversation

Une heure avec Sebastian pour mettre votre situation au clair : votre passeport, celui de vos enfants et l’ordre dans lequel vous décidez.

La consultation se déroule en anglais.

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